Le point de départ
J'ai toujours voulu travailler chez moi et l'idée de garder des enfants me trottait déjà dans la tête depuis quelques années. Lorsque mon contrat de salariée s'est arrêté, j'avais deux enfants et j'étais enceinte du troisième. Après sa naissance, j'ai concrétisé ce projet quelques mois plus tard. Je travaillais ainsi de chez moi et je pouvais garder mes propres enfants à la maison.
A cette époque, j'ai commencé à explorer la couture. J'ai réalisé les tours de lit, les couettes, les tapis de jeux. J'ai aussi exploré les couches et les lingettes lavables que je confectionnais moi-même. Petit à petit, je me suis prise de passion pour la couture. Par contre, mes idées d'écologie au sein de mon milieu d'accueil était un peu trop avant-gardistes, ce n'est qu'une dizaine d'années plus tard que l'intérêt a pris de l'ampleur.
L'univers de la couture
J'avais besoin de créer et l'idée de devenir couturière s'est imposée de plus en plus. Là aussi, ce n'était pas du tout le moment, la couture a pris de l'essor bien des années plus tard. Mais l'idée était là et c'est comme cela que j'ai créé les cours que j'aurais voulu trouver moi-même : libres, pour tous les niveaux et dans une ambiance conviviale.
Je les ai lancés alors que j'apprenais que j'étais enceinte de mon quatrième enfant...
J'ai tout appris en autodidacte et transmis mes connaissances au fur et à mesure que je les étoffais. J'avais envie d'aller plus loin et je me suis mise au modélisme, pour apprendre à créer les patrons de vêtements.
Le point de rupture
Des événements familiaux et le Covid ont fait que j'ai dû ralentir puis finalement arrêter les cours. Je me suis rendue compte plus tard que j'avais fait un burn-out sans m'en rendre compte...
J'avais atteint le bout de mes forces et il m'a fallu du temps avant de me reconstruire. C'est là que j'ai fait un retour à moi, c'est ce qui m'a sauvée et empêchée de sombrer totalement.
Je me suis remise à la lecture et aux activités artistiques, longtemps abandonnés parce qu'avec 4 enfants, on n'a pas beaucoup de temps pour soi. Et cela m'a fait un bien fou ! Cela m'a permis de sortir de mes ruminations mentales, et c'est là que j'ai compris à quel point apprendre de nouvelles choses était nourrissant pour moi.
Un constat et un nouveau départ
C'est durant cette période que j'ai découvert que j'étais neuroatypique : j'ai découvert comme un flash au détour d'une lecture que j'étais surdouée. Ce fut une claque, une évidence et en même temps, un rejet parce que je n'imaginais pas cela possible. Ce terme est lourd, plein de préjugés, avec une connotation d'excellence, de supériorité qui ne me plaisait pas du tout. HPI, pour haut potentiel intellectuel n'est pas mieux... Bref, passé le cap de l'acception en silence, j'ai découvert que j'étais également hypersensible et multipotentielle.
J'ai fait beaucoup de recherches, lu beaucoup de livres puis, je me suis formée. Parce que c'est ma manière de comprendre les choses en profondeur et que les solutions d'accompagnement ne me convenaient pas. J'étais hyper mal à l'aise avec ça et jamais je n'aurais osé en parler avec un professionnel et encore moins passer un test.
C'est de ce constat et parce que je sais à quel point on peut être gênée d'aborder le sujet que j'ai envisagé de créer ce que j'aurais voulu trouver : un espace professionnel à explorer en autonomie, sans avoir besoin d'en parler à personne. Pour enfin savoir, comprendre et apprendre ce qu'est un fonctionnement neuroatypique et vivre avec.
En parallèle, je n'ai pas abandonné la couture, ni le modélisme qui me tiennent toujours à coeur. Les activités artistiques et introspectives sont aussi venues s'ajouter à mes passions.